Sunday, September 28, 2008

from Voyage d'Italie des révérends pères de l’Ordre des Frères prêcheurs ... l'an 1756. [Manuscrit]


Ce soir nous arrivames asséz tard à Plaisance. La ville nous parut asséz belle, mais elle est inabordable, pour ainsi dire, pour les etrangers; pour avoir la licence d'y entrer, et ne pas voir tristement toutes ses hardes eparpillées sur le pavé, il fallut abonner avec les gardes avides de la douane. Nos representations furent inutiles, ainsi que nos plaintes et menaces. Ces gens sont faits a ce bruit la et se font une douce loi d'etre. Sans misericorde nous fumes obligés de nous y soumettre et de la subir encore le landemain, en sortant de la ville.

from Une visite. Rome et l'Italie par l'abbé Emile Beau de Verdeney, 1868


Une de nos haltes les plus intéressantes a été dans la ville de Parme. Mais sur notre chemin nous avons rencontré Plaisance, où nous n'avons pu nous arréter que quelques instants. Grace à la complaisance d'un jeune médecin de la localité, arrivé lout récentement de la faculté de Paris, nous avons pu visiter la cathédrale, et parcourir la ville dans ses points les plus importants.

from Relation d'un voyage en Italie par Alphonse Dupré, 1822


Plaisance est une grande ville peu agréable: tous les batimens sont en briques; les rues, très mal pavées et fort malpropres, sont dans quelques endroits assez vastes. Tout les maisons, baties en briques noircies par le temps, n'ont d'autres ornemens dans l'intérieur que de très mauvaises peintures à fresque, qui ne sont qu'une faible image de nos papiers peints. Il n'y a rien du tout curieux dans cette ville, et l'on doit se garder de se laisser tromper par les guides qui, sous prétexte de vous montrer des curiosités, vous promènent dans différens endroits pour vous faire voir des choses pitoyables et de nul intéret; car, outre la fatigue et la perte de temps, on paye la vue de tous ces objets comme si l'on vous montrait qualque chose de rare.

from Voyages d'artiste en Italie par Charles Du Bois-Melly, 1851


A Plaisance, où je m'arretai, la physionomie d'une cité dès longtemps en décadence, l'aspect des rues désertes et des palais fermés frappent tout d'abord l'esprit du voyageur, qui ne retrouve une certaine animation qu'aux alentours de la Place dei Cavalli. ... Les églises de Plaisance n'ont laissé, je l'avoue, une impression trop fugitive pour prétendre les décrire, quoique rien ne soit, dit-on, plus facile, grace aux nombreux écrivains qui ont disserté excellemment sur tout ce qu'on va voir en Italie. ...
5 octobre. - Un petit cheval de cabriolet, rétif, malin, songeant à mal et courant à bride abattue, m'emmenait, à quatre heures et demie du matin, à la station du chemin de fer, à travers la ville endormie. Des fantomes, sortant d'une taverne où l'on vendait l'acquavita aux gens de bien devançant l'aurore, furent tout ce que j'entrevis au passage, et ces etranges et grandes figures dépenaillées, dans le gout de Jacques Callot, sont mes derniers souvenirs de societé à Plaisance.

from Voyages du P. Labat de l'Ordre des ff. prescheurs en Espagne et en Italie par le Père Jean-Baptiste Labat, 1730

Nous partimes, je montai à cheval, afin de caufer avec celui avec qui j'avois diné. Nos Voiturins firent merveille, en moins d'une heure nous fumes à Plaifance, grande & belle Ville, fituée dans un Pais charmant, & bien cultivé, ayant le Po au Nord, la petite riviere de .... (Nure) à l'Eft, & celle de Trebia à l'Oueft. Nos deux Peres Espagnols s'étoient chargés d'un paquet pour le P. Prieur de notre Couvent, & ils cajolerent fi bien leur Voiturin qu'il les y conduifit. Nous les fuivimes, j'étois defcendu de cheval avant d'entrer dans la Ville, & j'avois congé de l'Ingenieur, qui paffoit outre, & ne fuivoit pas notre chemin. Le Prieur fit apporter du vin mufcat très-bon, nous bumes un coup fans nous affeoir, & remontames en caleche. Tout ce que je remarquai dans ce Couvent, c'eft qu'il fe fentoit d'avoir fervi de Magazin. Les peintures du cloitre etoient fort gatées. On avoit brulé une partie des portes & des fenetres, & les Religieux qui portoient impatiemment ces defordres, n'étoient point du tout dans les fentimens de Maestro Fabricio de Bologne. Nous vimes en paffant dans une des places les ftatues équeftres d'Alexandre, & de Ranuce Farnefe Ducs de Parme. Elles font de bronze; elles me parurent belles autant qu'en peut juger un homme en caléche qui va au grand trot.
Nous quittames prefqu?à la porte de la Ville le grand chemin Romain, qu'on appelle la Via Emilia, & nous primes fur la gauche, pour gagner les Apennins que nous devions paffer, pour arriver à Genes, qui étoit le terme d'un voyage qui m'ennuyoit fort.

Saturday, September 27, 2008

from Notes de voyage. Deux mois en Italie - par Frank Puaux - 1872


En quittant Genes, on se dirige vers Alexandrie en traversant de riches plaines, où la culture semble ètre sagement entendue, et c'est à travers un pays où le paysage reste presque toujours le meme, que la voie ferrée arrive à Plaisance, ville morte, trois fois plus grande qu'il n'est nécessaire. La cathédrale mérite cependant d'etre visitée; elle contient quelques beaux tableaux de Carle Dolci et de l'école de Bologne. C'est sans regret que l'on quitte Plaisance pou arriver à Parme ...

Thursday, September 25, 2008

from The personal adventures of our own correspondent [of the Times] in Italy by Michael Burke Honan, 1852


We found Plaisance in a state of indescribable confusion ; the inns being crowded to an overflow, and the streets being so thronged with flying parties that it was almost impossible to make one's way. The owner of the carriage refused to let it go further, and I was again at a " non-plus ;" but fortunately in one of the stable-yards I discovered a return carriage for Codogno, and by paying four times the ordinary amount, induced the coachman to start forthwith.
I saw that unless I got before the Austrians on the road to Milan, I must abandon all idea of seeing how the rest of the retreat of the Piedmontese army was conducted, and I was anxious to make my way to Lodi, where, behind the Adda, Charles Albert promised to make a stand. But my troubles were not yet over, and I had at Plaisance to undergo the greatest danger that had occurred to me since the opening of the campaign.
It seems that my bad manner of pronouncing Italian, added to my fair complexion, and desire to push forward, had induced several of the violent, but not fighting patriots, to believe that I was an Austrian, and of course a spy. Many a man was sacrificed for less during the latter days of the war of independence — notwhere the Piedmontese soldiers were found, for they were ready to protect one, but in out-of-the-way places, where native susceptibility or Italian pusillanimity had full play.
I was followed from the inn door by a crowd, till at our arrival at the bridge of boats which crosses the Po, I had to meet a mob of at least a thousand men, all vociferating " Tedescho ! " and " Spia ! " — followed by the consoling word " Morte ! " Happily for me, I retained a moderate share of composure, so standing up in the carriage, I entreated a moment's silence, stated I was an Englishman, and asked if there was any one present who could read. This appeal was answered by a schoolmaster, or a parish clerk, and to him I unfolded, first my British passport, and next the special privilege I had obtained from Charles Albert. This last document was a clencher, as it was written in Italian, and bore all the official seals, and, confirmed by it, the validity of the passport was admitted.
Had I not produced the Italian pass, the other paper would have been disregarded, or rather it exposed me to fresh suspicion, as no one in reality knew what it meant, and the eagle attached to the Austrian minister's visa, rather produced an impression against me.
I saw at a glance, however, that a new doubt was engendered, certainly not creditable to me, and if I were first stopped as an Austrian spy, it was clear I was now sent on as one employed by Charles Albert. The mob cheered me as I drove off, though one moment before they would have spilled my blood, — but such are the risks we correspondents run, though no one thinks of giving us credit for our adventures.
The Piedmontese guard at the foot of the bridge refused to let me pass, but when the officer in command saw my papers, he ordered the road to be left open, no doubt in the full belief that I was employed in my quality of spy on a secret mission for the King. I had not the mortification of hearing any person say that such was his opinion of my occupation, and perhaps I wrong the respectable mob of Plaisance; but I am very quick in seeing what people mean, and I had then, and have still, a moral certainty, that way for me was made in the belief that I was a spy in the service of the good cause.
I crossed the river a second time for the purpose of turning the road on which it was probable the Austrian van-guard was coming, and with the hope of joining at Codogno the main body of our force.
In both these objects I succeeded, and late in the afternoon I arrived at that cheese-making town.